VIDÉOS (2008-2010)

Texte de Jean-Pierre Rehm (ancien délégué général du FID Marseille)

« Trait frappant dans ces premiers travaux, alors réalisés à Marseille, laissant une impression qui a perduré depuis, jusqu’à ses plus récentes productions : une étrangeté, dont il parait hasardeux d’assigner la source. Ni dérivée de références, même si l’on pouvait percevoir ici et là combien aucune « naïveté » n’était au programme ; ni inscrite dans une expressivité autobiographique, toujours exposée au scabreux, bien qu’elle-même, et des proches, figurent régulièrement à l’image. Non, sa singularité tenait, tient toujours, et dans les éléments, à une manière de croiser des décors et des « personnages », des situations et des dialogues, de telle sorte qu’un réalisme halluciné en soit le fruit. 

Un réalisme halluciné, comment le décrire ? L’ambition de ne se reposer ni sur du récit, ni sur du pittoresque ; un entêtement à creuser la même parcelle, d’où son échappée se présente précisément possible au lieu même de l’obstination. Amélie Derlon Cordina fait entendre, avec modestie et fièvre, une véritable voix. » 

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